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« Le futur appartient à ceux qui voient les possibilités avant qu'elles ne deviennent évidentes. » Théodore Lewitt

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L'avenir en 3 dimensions: Scanner, imprimer, photocopier en 3D

L'avenir en 3 dimensions: Scanner, imprimer, photocopier en 3D

Nous en avons rêvé, ils l’ont fait. La reproduction d’objets tridimensionnels devient accessible au grand public. A terme, cette innovation devrait changer complètement notre rapport aux objets.

DES POSSIBILITES DEJA OFFERTES

Solidoodle, une société fondée par l’américain Sam Cervantes a lancé sur le marché une imprimante 3D destinée au grand public. Elle coûte moins de 400 €. Ses consommables se présentent sous forme de bobines à 45 € le kilo. Il est possible de modifier la couleur d’impression, mais celle-ci reste monochrome. Elle est l’équivalent dans la nouvelle dimension de ce qu’ont été les imprimantes noir et blanc à ruban en 2D.

Les scanners 3D utilisés dans l’industrie sont performants, mais leurs prix sont prohibitifs pour le grand public. La société Digiteyezer a donc eu l’idée de créer une application pour I-Phone. L'utilisateur prend une trentaine de photographies d’un objet sous « toutes ses coutures ». L’entreprise propose ensuite un service en ligne avec abonnements pour créer un fichier (CAO) exploitable. Si l’offre a ses détracteurs, elle peut donner une idée de ce que seront les pratiques de demain.

Il faudra encore un peu de temps pour que les « photocopieuses 3D » sortent des laboratoires où elles connaissent une certaine (mais couteuse) réussite. Il n’est pas certain qu’elles présentent un avantage décisif sur l’association imprimante-scanner.

UN NOUVEAU RAPPORT AUX OBJETS ?

Dans un premier temps, on peut considérer l’aspect spectaculaire, ludique et esthétique de ces nouveaux outils. Plutôt que de photocopier à l’infini votre petit(e) amie(e), vous pourrez le ou la scanner et conserver son buste auprès de vous…

Les esprits pratiques ne seront pas en reste. Ont-ils cassé leur étui de lunette ou leur monture ? Qu’à cela ne tienne ; ils pourront toujours aller télécharger un fichier sur le réseau et regarder l’objet se matérialiser devant eux. Dans un avenir qui n'est pas si lointain, il sera possible de reproduire les lunettes elles-mêmes. Une personne avisée prendra le soin de scanner ses biens. Ainsi, il ne lui sera pas nécessaire de se procurer un fichier que certains auront intérêt à rendre payant.

COMMENT « CA MARCHE » ?

Etonnamment, ces technologies ne sont pas très différentes de celles que nous connaissons en 2D. Il ne s’agit finalement que d’ajouter une dimension nouvelle.

Un objet (virtuel ou réel) est sera décomposé informatiquement en très fines lamelles grâce un un logiciel de CAO. Par une superposition de couches extra-fines de l'ordre de 16 microns, il sera physiquement reproduit.

On utilisera le plus souvent de matériaux de synthèse même si certaines machines sont capables d'utiliser de la poudre de plâtre ou des métaux (l’or et l’argent notamment). L’un des enjeux pour les industriels sera de trouver des matériaux de synthèse optimisés qui en fonction de différentes combinaisons pourront changer de propriétés (dureté, souplesse, transparence, résistance à la chaleur, couleur, etc.)

VERS UNE DEMOCRATIE DE L’OBJET ?

Tout ce qui comporte forme et matière peut faire dans l'absolu l’objet d’une reproduction 3D. Jusqu’ici, les industriels s’en servaient essentiellement pour le prototypage comme d’une solution efficace et finalement économique. Mais la démocratisation du procédé modifie les usages. Les objets générés seront utilisés en tant que tels et non plus comme des brouillons de luxe. La production de masse (des objets de bazar pour commencer) reculera devant une production individuelle et éclatée. « L’usinage » ne sera plus l’unique moyen d’obtenir des produits d’une extrême finition.

Ne commettons tout de même pas la naïveté de croire qu’une « production amateur » va supplanter en quelques années le travail des professionnels. Depuis 2011 (seulement) les médecins usent de ces techniques pour construire des petits os. La chirurgie orthopédique ne s’improvise pas. Seuls les objets simples et d’utilité courante seront d’abord accessibles au grand public pour la création et la réplication.

Des expériences étonnantes vont pourtant dans le sens d’une « démocratisation de l’objet » : La Rep Rap Mendel est une imprimante 3D partiellement « autoréplicante ». On entend par là qu’elle est capable de construire une partie des pièces qui la constitue pour produire sa jumelle, voire pour se réparer elle-même. La reproduction et l’autoréparation étaient autrefois réservées aux être vivant d’où le nom de « Mendel », hommage au père de la génétique ! La machine est « open source », c’est-à-dire libre de droits et n’ayant pas de vocation commerciale.

UN MOYEN DE PRODUCTION ECOLOGIQUE ?

Malgré sa haute technicité, la reproduction tridimensionnelle pourrait être considérée comme écologique. L'école supérieure de Technologie de Montréal énumère les arguments suivants:

  • Elle peut utiliser un matériau thermoplastique recyclé ;

  • Elle ne produit aucun résidu de fabrication ;

  • La production peut être localisée, réduisant considérablement la pollution et les pertes d’énergie causées par le transport ;

  • Elle requiert moins d’employés et permet de fabriquer des vêtements et accessoires en quelques heures (au lieu de semaines).

ENJEUX SOCIAUX

Les enjeux sociaux et économiques sont extrêmement importants. Ces technologies offrent plus que de nouveaux moyens de production. Chacun aura noté que si elles permettent de produire des objets à moindre coût en réduisant le temps de travail, elles pourraient mettre en difficulté beaucoup de secteurs et détruire de nombreux emplois. L'entreprise ne serait plus seulement concurrencée par d'autres entreprises, mais par des productions maison. L'accès aux biens pourtant sera facilité.

Ceux qui en auront l’envie, le temps, la possibilité pourront créer leurs propres objets à partir de logiciels de plus en plus simples. Une nouvelle économie se créera sur le net où circuleront aussi bien des fichiers gratuits que commerciaux. Il faudra parler d’objets libres et payants comme pour les logiciels. Beaucoup d'objets seront "piratés", d'autres mis à disposition sans contrepartie.

Les industriels verront dans les objets libres un manque à gagner et essaierons de freiner la tendance, de l’encadrer ou de la récupérer. L’opticien dont nous avons déjà parlé envisagera d’un très mauvais œil que l’on puisse dupliquer ses modèles. Il tentera des créations non reproductibles en utilisant par exemple des matériaux innovants. Très certainement, il y aura un durcissement de la législation en matière de brevets. Mais il sera plus difficile encore de lutter contre le partage des objets que contre celui des biens culturels.

Les secteurs seront concernés les uns après les autres. Il n'y a aucune raison par exemple pour qu'à long terme, le textile, les chaussures, etc. échappent au mouvement. Des professionnels comme la société Continuum fashion s'y attellent déjà. Même l'alimentaire est sur la sellette ! L'un des grands défis technologiques sera de produire des impimantes polyvalentes à moindre coût.

La différence entre économie virtuelle et réelle sera de plus en plus difficile à marquer puisque le virtuel s’inscrira dans les objets qui nous entourent. Les enfants seront élevés dans cet esprit. En quelques clics ils pourront matérialiser des figurines de leur héros préféré.

La matière offrant de moins en moins de résistance à l’imagination et aux volontés humaines, le spiritualisme se développera avec la créativité. Au-delà, on ne peut pas raisonnablement anticiper...

DOSSIER MULTIMEDIA

La question de la propriété industrielle et des brevets va devenir un enjeu crucial pour l'avenir de la reproduction 3D. Framablog, spécialiste du logiciel libre propose sur la question un article très complet:

http://www.framablog.org/index.php/post/2011/05/25/impression-3D-attention-danger

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Comme son nom l'indique, le scanner 3d handyscan tient dans la main. Il est pourtant capable de scanner des monuments entiers !

Comme son nom l'indique, le scanner 3d handyscan tient dans la main. Il est pourtant capable de scanner des monuments entiers !

Solidoodle restera un grand ancêtre pour les imprimantes 3D de l'avenir.

Digiteyzer a créé une application qui transforme votre i-phone en scanner 3D...

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Ce mécanisme a été généré (tout d'une pièce !) par une imprimante 3D industrielle. Il faudra encore patienter un certain temps pour que les imprimantes grands public soient capables de telles performances...

Prototype de chaussure fabriqué par une imprimante 3D - Copyright Clarks

Prototype de chaussure fabriqué par une imprimante 3D - Copyright Clarks

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